[25] Dictionnaire des Hommes Illustres de la Provence, Marseille, 1736, in 4o.

Après avoir diverti longtemps les habitants de Bignolles, il vint à Paris, et trouva moyen de s'insinuer auprès du Cardinal de Fleury. Il se disait aussi Cardinal, et le croyait, ou semblait du moins le croire. Caissant prouva que sa folie, sous le rapport du bien-être matériel, valait bien l'esprit des autres.

La suite de l'histoire de Caissant, que cite Brunet, n'offre rien de piquant ni d'agréable, dit Barbier, et il y a toute apparence qu'elle vient d'une autre main que la première partie. Il n'en est point parlé dans le Dictionnaire des Hommes Illustres de la Provence. Cette suite est presqu'entièrement composée de longues histoires épisodiques, absolument étrangères au héros principal, selon Barbier.

Cette monomanie d'être frère d'un roi de France, s'est renouvellée de nos jours, dans la personne de d'Aché ou Dachet, que les biographies ont oublié, quoiqu'il soit l'auteur de six ou sept volumes fort rares.

Quérard, dans ses Supercheries littéraires, tome 3, a réparé cet oubli, et nous apprend des faits qui nous obligent à faire entrer ce Namurois dans notre galerie.

Né en 1748, Dachet reçut son éducation au collège des Jésuites, et en 1768 accomplit ses vœux monastiques à l'abbaye de Floreffes.

Ce fut alors que sa folie paraît avoir commencé. Il nous a raconté lui-même sa vie, quoique d'une manière très peu intelligible, et son mariage avec sa nièce, fille de Louis XVI; car notre homme ne prétendait à rien moins qu'à être le Duc de Bourgogne, fils aîné du Dauphin, père de Louis XVI, par conséquent le véritable successeur de Louis XV, et frère aîné de Louis XVI, qu'il regardait comme un usurpateur.

En 1809 il s'occupait à Voroux-Goreux près de Liège, à imprimer lui-même ses Mémoires qui sont dédiés Aux Indiens, et intitulés: Tableau historique des malheurs de la Substitution, cinq volumes in 8o.

L'histoire de ce livre étant très curieuse, nous la donnerons ici, d'après le catalogue d'Alphonse Polain, Liège, 1842, in 8o, pages 14-16, qu'a suivi Quérard.

Comme en 1810 le pays de Liège faisait partie de l'empire Français, et qu'on y jouissait par conséquent de toute la liberté de la presse qu'avait bien voulu nous laisser l'Empereur, on prouva au sieur d'Aché qu'en vertu d'un décret de Novembre 1810, il n'avait pas le droit d'imprimer des absurdités, même pour lui seul, et sans avoir dessein de les vendre. On saisit sa presse, les quatre cents exemplaires de son livre, et l'on expédia le tout vers Liège, sous l'escorte d'un gendarme.