Lorsqu'on demanda au frère aîné du malheureux Louis XVI de faire connaître les motifs qui l'avaient engagé à imprimer ces six gros volumes in 8o, dont un exemplaire avait été envoyé au conseiller d'Etat Réal, à Paris, un autre à M. De Pommereul, directeur de la librairie, et le troisième réservé au Préfet, d'Aché répondit que ses motifs étaient: “Le désir et le besoin d'imprimer pour sa propre utilité, afin de démontrer qu'il avait droit au sacrement du baptême, et que l'abbaye de Floreffes l'ayant tenu en prison pendant dix-huit cent quatre-vingt-quatre jours et demi, il a cru pouvoir revendiquer, à la charge de ladite abbaye une somme de cent quatre-vingt huit mille, quatre cent cinquante florins, argent du pays, à raison de cent florins par jour d'emprisonnement.”

Le Synode de Liège avait déclaré, quelque temps auparavant, que d'Aché était un fou parfaitement caractérisé. Le synode ne s'était pas trop hasardé dans son assertion; mais on n'était pas d'une croyance aussi facile à Paris. On s'obstinait presque à voir dans l'ancien moine défroqué un conspirateur habile, un ennemi acharné de la dynastie régnante. M. Réal ordonna de surveiller attentivement cet effronté visionnaire.

Quant aux 400 exemplaires de l'ouvrage, Les malheurs de la Substitution, ils furent pilonnés le 17 et 18 Février, 1812. Les exemplaires envoyés par l'auteur, plus deux autres qu'on lui laissa, échappèrent seuls à cet immense désastre. Aux yeux du bibliomane, le livre de d'Aché a donc aujourd'hui un fort grand mérite, celui de la rareté; il n'a guère que celui-là.

A la Restauration on retrouve d'Aché à Paris, publiant une brochure, mentionnée par le Journal de la Librairie de M. Beuchot; Réclamation de Louis-Joseph-Xavier (D. D'Aché) contre la spoliation de ses biens, 1817, in 8o, de 58 pages.

Cet opuscule n'est pas moins rare, dit Quérard, que le Tableau historique.

M. Alphonse Polain croit que notre auteur est mort à Charenton.

Peut-être est-il encore plus difficile de trouver les trois Epîtres qu'Usamer publia à Nivelles (Belgique) et dédia à ses contemporains. Ce pseudonyme cache le nom d'un certain Herpain, de Genappe, qui, vers 1848, ayant eu le cerveau dérangé par les idées de progrès social, à l'ordre du jour alors, chercha à faire accepter, afin d'être plus universellement compris, une langue de sa façon, qu'il appelle Langage Physiologique. Il développa son système dans une brochure in 18o, format carré, dont il envoya un exemplaire à toutes les assemblées législatives de l'Europe. Celui qu'il destinait au Parlement Anglais, porte pour suscription: Aux Législateurs de la Grande Nation Anglaise, par leur serviteur Herpain, auteur.

Dans une note, à la fin de l'invocation, il prévient le lecteur qu'on a dû se servir de quelques chiffres, au lieu de lettres, les caractères nouveaux n'étant pas confectionnés. Usamer a soin de donner la traduction de son galimatias, et l'on peut juger par les deux lignes suivantes, que la précaution n'est pas inutile:—

Invocation.

Stat5nq facto oprolit2al n1, n1 foʌ2al ovo otano. Tunk tev oret2inpod etesas et etes, &c. &c.