Viennent enfin plusieurs morceaux plus courts ayant pour titres: La Vertu; La Vérité; Le Patriotisme, et trois esquisses en anglais et en prose, sur le caractère de la poésie de Jérémie, d'Isaïe et de David.
Notre auteur a les idées les plus excentriques sur la versification française qu'il décrit à sa façon: “Les vers alexandrins, dit-il, n'admettent à la rigueur que douze syllabes ou six pieds, mais le poète d'un génie supérieur ne se laisse pas dominer par de pareilles entraves. Se trouvant dans les champs si vastes de la poésie, il dédaigne la rigoureuse sévérité susdite, sévérité qu'il sacrifie à ses sublimes conceptions qui, semblables à un torrent impétueux, renversent tous les obstacles qui s'y opposent. L'homme qui a écrit sur un sujet aussi vaste (que ceux que traite notre poète) doit posséder à peu près toutes les connaissances humaines; il doit avoir acquis par une grande expérience, l'autorité nécessaire à faire adopter ses opinions par tous ceux qui se distinguent dans les connaissances susdites: Cet homme, c'est le fils de l'écriture Sainte; cet homme, c'est moi, et alors même que je n'en eusse d'autres preuves, mes œuvres le prouvent, et par mes œuvres je veux que l'histoire me juge. Partant de ces principes et en vertu de mes droits, j'ai introduit dans la langue française plusieurs nouvelles expressions, inconnues à elle jusqu'à ce jour, et sauf à les expliquer moi-même; je déclare en même temps loin de moi toute vanité, loin de moi toute crainte de faire usage d'un droit, dont la postérité, peut-être même mes contemporains, me tiendra, me tiendront, compte un jour.
“La langue de l'écriture Sainte fourmille de tant de beautés de toutes espèces, qu'il est juste que les cinq langues dont les Pères de l'Eglise ont fait et feront toujours usage, s'entraident, surtout dans les compositions élevées.”
“J'ose espérer, dit l'auteur, en terminant sa préface, qu'un public éclairé et impartial saura apprécier les difficultés qui entourent les compositions de ce genre, qui ont le bien-être de l'humanité pour but, et qu'il me rendra justice avec la loyauté, l'impartialité et la bonne foi qui caractérisent les nations civilisées de l'Europe.”
Dans son adresse au Pape Grégoire XVI, il donne quelques détails sur lui-même. Nous en citerons quatre strophes qui serviront en même temps de spécimen de sa versification:—
Le Créateur même daigna jeter sur moi
Thomas Ames HMC HAZ, fils de la Croix
Ses yeux célestes et pleins de miséricorde,
Afin que je suivisse de ses préceptes l'ordre;
Et afin que je fusse connu de tous sous les cieux,