[74] "Cours de Littérature," tome iii., page 224, édition in 8º d'Agasse, an vii.
Pendant quelque temps, Horace parut être en France l'auteur ancien dont on affectionna de donner des pastiches au public. Sans parler d'une huitaine d'hexamètres placés à la tête de la dixième satire du 1er livre,[75] ni des vingt vers imaginés par je ne sais quel confrère de Nodot, pour remplir un vide que plusieurs avaient soupçonné dans l'ode à Manucius Plancus,[76] racontons la découverte de M. Edm. Ch. Genet,[77] frère de Madame Campan, de deux petites odes d'Horace, jusqu'alors inconnues. Elles avaient été trouvées par un prince Gaspar Pallavicini, dans un vieux manuscrit de Rome. On n'explique pas comment une copie passa du noble personnage à M. Genet.
[75] Voir l'édition de Dacier, et le Dictionnaire de Bayle, à l'article Lucilius.
[76] M. F. Parison dit les avoir trouvés écrits sur un vieil exemplaire d'Horace qui paraissait avoir appartenu à G. Bachet de Méziriac:—Auraient-ils été fabriqués par le savant académicien?" suggère l'auteur du pamphlet d'où nous tirons ces renseignements.
[77] Alors jeune secrétaire d'ambassade, et qui devait être plus tard ministre de France aux Etats Unis, où il présenta au Président Jackson, une fausse médaille de Jules César qu'il prétendit avoir déterrée.
Quoiqu'il en soit, celui-ci s'empressa de communiquer cette précieuse trouvaille au savant d'Ansse de Villoison, qui les inséra dans les notes d'une édition de Daphnis et Chloé dont il s'occupait alors. Ces deux odes nouvelles étant venu à la connaissance du prince Egon de Furstemberg, qui faisait imprimer à Prague une édition de luxe d'Horace,[78] il les intercala dans son texte.
[78] Deux volumes in 8º. Cette édition publiée sans date, et sans nom d'imprimeur, était entièrement destinée à des présents. C'est un livre d'une excessive rareté.
Lemaire, Van der Bourg et d'autres ont montré que ces vers ne peuvent être attribués au grand poète romain, et que même le prince Pallavicini ne fut pas le plus adroit des faiseurs de pastiches, car nul autre ne doit être réputé coupable de la composition de ces vers que cet homme de loisir trouva tout simple de mettre sur le compte d'Horace.[79]
[79] Voir sur toute cette affaire une curieuse brochure anonyme, intitulée: "Une imposture littéraire, appendice aux Mêlanges Philologiques de Chardon de la Rochette, d'après son manuscrit complété par P. F. T. Servan de Sugny; in 8º de 39 pages." Ces deux odes pastiches ont trouvé place dans l'édition polyglotte d'Horace, par Monfalcon.
"Habet sua quisque pericula lusus."