"Come with acor-cup and thorn,
Drain my heart's-blood all away;
Life and all its good I scorn,
Danse by night or feast by day.
My love is dead, &c."
Le drame d'Ælla, dans le goût antique, est le chef-d'œuvre de Chatterton, et fut transcrit sur le manuscrit écrit de sa propre main, en date de 1769, lorsqu'il n'avait que seize ans.
En quittant l'école de Bristol, Chatterton était entré, en qualité de clerc, chez un notaire de cette ville. Bientôt fatigué de cette vie d'asservissement, il partit pour Londres, le 29 Avril 1770, flattant sa mère et sa sœur de la perspective de brillants succès littéraires dans la capitale. Il emportait avec lui plusieurs poèmes écrits en style du 15me siècle, qui aurait formé un volume suffisant, dit Daniel Wilson, pour établir la fortune et la gloire d'un poète, quelqu'il fût.
Horace Walpole avait publié en 1764, son pastiche du "Castle of Otranto," d'après un manuscrit italien, affirmait-il, d'Omphrio Muralto, trouvé dans une ancienne bibliothèque, et imprimé à Naples en 1529. Il jouissait du reste d'une brillante réputation littéraire et d'une grande fortune.
Il était donc tout naturel que Chatterton songeât à s'adresser à ce personnage important, romancier, dramatiste, et poète, pour faire accepter au public les écrits du moine Rowley. D'ailleurs, il avait écrit au grand seigneur qu'il invoquait son appui comme fils d'une pauvre veuve qui avait grand'peine à soutenir sa famille, et que ce qu'il avait composé jusqu'alors ne lui avait rapporté ni renommée ni argent. Puis dans une autre lettre, accompagnée d'une histoire supposée de la peinture en Angleterre, écrite par le moine Rowley en 1469, pour Maître Canynge, il annonçait à Walpole qu'il avait en sa possession encore plusieurs autres manuscrits anciens qu'il lui offrait. On a prétendu que cette dernière lettre n'était point parvenue à son adresse; mais il est bien établi aujourd'hui que Walpole les reçut toutes les deux.
Quant à la première, il ne peut exister de doute, l'adresse était exacte, la lettre était fermée avec un pain à cacheter; et adresse, timbre de la poste, et pain à cacheter peuvent encore se voir à présent au Musée Britannique, parmi nombre d'autres autographes du jeune homme.