Car je suis seul et vieux, pauvre proscrit, sans armes,
Les yeux levés au ciel, et tout gonflés de larmes!"
Plusieurs autres articles ultra-révolutionnaires remplissaient ce numéro du journal, dont il se vendit un nombre très considérable, et que le public s'attendait à voir saisi le lendemain par la police.
La surprise cessa lorsque le numéro suivant fit connaître que ce n'était qu'une supercherie littéraire.
SECTION SECONDE.
DES PASTICHES COMPOSÉS COMME EXERCICE DE STYLE OU AMUSEMENT, ET DES SUPPLÉMENTS D'AUTEUR ET INTERCALATIONS.
"Idem duo quum faciunt, non tamen est idem."
—Publius Syrus.
Nous ne pouvons mieux commencer cette section, qu'en citant les paroles d'un habile pasticheur, pour expliquer ce qui engage un écrivain à ce labeur d'imitation:—"La première impulsion à laquelle il faut attribuer le goût d'imiter différents auteurs, c'est le charme secret et involontaire que l'on éprouve à leur lecture, c'est la convenance de leurs pensées, la beauté de leurs sentiments, la magie de leur style qui nous séduit. On ne peut manquer de perfectionner son propre goût, par l'imitation des plus beaux modèles."[139]
[139] Avant-propos du recueil des Pastiches de N. Chatelain.
Cependant il faut bien y prendre garde, il y a un écueil en naviguant dans ces eaux, et notre auteur y a échoué, comme nous l'avons vu ci-dessus.