L'amusement littéraire du pastiche a été cultivé en Angleterre, surtout comme satire, tantôt en adoptant un nom ancien, tantôt en imitant, d'une manière outrée, le plan et le style d'ouvrages modernes, ce qui donne à ces compositions un air de parodie.

On en trouve, entr'autres, deux exemples amusants dans le recueil célèbre de Poetry of the Anti-Jacobin, extraits d'une publication hebdomadaire de la fin du siècle dernier, remplie de satires politiques et jeux d'esprit, des hommes les plus célèbres de l'époque.

M. R. Payne Knight ayant publié un poème didactique en six livres, intitulé "The Progress of Civil Society," le fameux Canning et ses amis, en firent un pastiche-parodie, accompagné de notes critiques et philosophiques, sous le titre de "The Progress of Man."

Vers le même temps un Docteur Darwin publia "The Loves of Plants and Economy of Vegetation," dont on fit les plus magnifiques éloges, et que le même Canning et son collègue Frère parodièrent dans un poème ridicule, "The Loves of the Triangles."

Dans le même genre est une brochure, aujourd'hui très rare, et imprimée à Oxford en 1865, sous le titre de "The Dynamic of a Particle, with an Excursus on the New Method of Evaluation as applied to π."

L'introduction est très originale; nous en donnerons un extrait dans nos REMARQUES de la fin du volume.

En Angleterre, le pastiche prenait généralement les allures de la parodie, comme on peut le voir dans notre essai sur ce dernier genre, où les pièces du Bon Gaultier, par le poète Théodore Martin, et celles publiées par le pamphlétaire Hone, sont de véritables pastiches.

De notre temps, c'est encore, en prenant la satire pour guide, que Thackeray a fait le pastiche de la manière et du style de plusieurs romanciers renommés.[176]

[176] "Novels by Eminent Hands."

Le pastiche-parodie de Harry Lorrequer, par Charles Lever, est surtout une pièce inimitable. A propos de pastiches des romanciers en Angleterre, rappelons pour mémoire ceux de la célèbre Aphra Behn, qui donna comme authentiques les lettres de ses amants de Flandre, qu'elle employa dans la composition de ses romans. La fraude était évidente de la part de celle qui s'était inventé un mari imaginaire; aussi personne ne s'y laissa prendre.