Elle se proposait de publier un recueil de documents et de mémoires relatifs à l'étude spéciale des fibules de l'antiquité, du moyen-âge, des temps modernes et des autres époques,—le tout accompagné de planches gravées d'après les originaux.
Suivent les noms des membres fondateurs, du président, du secrétaire, de l'archiviste-trésorier et du gérant. On promet un bulletin mensuel, et le prospectus se distribue chez M. Auguste Deck, libraire à Bruxelles, où l'on peut souscrire.
Entr'autres raisons de la formation de la société, l'auteur nous dit que "jusqu'à ce jour les antiquaires de tous les pays avaient porté les investigations les plus profondes sur les monnaies, sur les armes, sur les vases, sur les cruches, etc., mais ils avaient dédaigné les fibules et les boutons. Le nombre considérable de ces objets qui existe dans la remarquable collection de M. le Major *** à Gand, a suggéré d'en faire l'historique, à commencer par les fibules babyloniennes, trouvées par le Dr. Lingard, jusqu'aux boutons fossiles des habitations des lacs."
Cette plaisanterie eut un grand succès, et les journaux français, entr'autres le Charivari, dans son No. du 26 Juillet, accorda un long article à ce pastiche.
On a pu voir ci-dessus que les rédacteurs du Figaro sont assez habiles en ce genre; mais l'un d'eux, M. Albert Milland, a surpassé ses collègues dans un pastiche extrêmement bien réussi de la scène du sonnet de Trissotin, insérée dans le No. du Mardi 20 Février 1872. Il vient lire à Philaminte et à Armande, le recueil de ses satires qu'il avait justement publié alors, sous le titre de Petite Némésis.
Chacun des traits comiques de cette scène est imité d'une manière charmante.
Les suppléments d'auteur rentrent naturellement dans la classe des pastiches avoués, car nul ne songerait à remplir une lacune dans un auteur, soit ancien, soit moderne, sans chercher à imiter le modèle.
La plupart des auteurs de l'antiquité ne sont point parvenus dans leur intégrité, jusqu'à nous. Il est bien difficile de suppléer de longues lacunes, et même des livres entiers, en imitant le style et la manière des grands écrivains d'une époque reculée. Les mœurs, les coutumes, les usages ont changé.
Cependant nous allons voir que pour les auteurs latins, quelques savants ont assez bien réussi en ce genre.
Les plus anciens suppléments et continuations d'ouvrage remontent à Homère. L'histoire de la littérature nous fait connaître plusieurs continuations de ses deux grands poèmes. D'abord il y a Arctinos de Milet, auteur d'une Ethiopide en neuf mille vers, faisant suite à l'Iliade et qui s'étend jusqu'à la prise d'Ilion. Puis vient Leschère de Mytilène, dont le récit était la destruction même de Troie, et qu'on appelait la Petite Iliade.