Le Trézénien Agias, dans une épopée en cinq livres, racontait le retour des vainqueurs de Troie, formant ainsi une continuation de l'Odyssée; on rencontre ensuite la Télégonie, autre suite du même poème, qui commence par les funérailles des Prétendants, finit par la mort d'Ulysse, tué sans être reconnu, par Télégone, le fils qu'il avait eu de Circé, et formant ainsi la fin du cycle troyen.
Otfried Müller, dans son histoire de la littérature grecque, pense que les Rapsodes Homériques, à force de réciter continuellement les poèmes d'Homère, en étaient venus tout naturellement à concevoir l'idée d'y ajouter des morceaux d'un caractère analogue, de leur propre composition. Ils rattachaient ces poèmes au commencement ou à la fin de ceux d'Homère.
Pour les poètes anciens de l'Empire romain, la même chose à peu près eut lieu dès le 16me siècle. Leurs œuvres furent ou achevées ou continuées.
Un des premiers parmi les savants qui entreprirent cette tâche, fut Jean Baptiste de Boulogne, qui publia en 1519 la fin du 8me livre des Argonautiques de Valerius Flaccus, et y ajouta un 9me et un 10me livre, très bien imités, d'après la critique.[180]
[180] Voir l'édition Aldine de 1528, in 8º, et celle de Lyon, 1548, in 12º.
Quoiqu'Ovide ait annoncé lui-même[181] qu'il n'avait composé que six livres de ses Fastes, les savants persistaient à se disputer si le plan de l'ouvrage ne faisait pas croire qu'il devait se composer de douze livres.
[181] Trist. lib. ii. Eleg. 1re, v. 549—
"Sex ego Fastorum scripsi totidemque libellos,
Et tibi sacratum sors mea rupit opus."
Là dessus, Celtes Prolucius, un des premiers qui, à la renaissance des lettres, ressuscita la poésie latine en Allemagne, écrivit pour s'amuser, le commencement d'un 7me livre, de sa propre main, sur une ancienne édition d'Ovide, en ajoutant que le manuscrit des six derniers livres, se trouvait dans le presbytère d'un village près d'Ulm.