Ce ballon d'essai n'eut pour résultat que de faire rire aux dépens des savants.

Une autre suite est donnée, vaille qui vaille, par Barth. Morisot, polygraphe dijonnais de quelque réputation.

Il existe sur les Fastes un autre supplément beaucoup moins connu, et qui n'a été tiré qu'à très petit nombre. C'est une brochure d'une douzaine de pages, composée par un jeune littérateur marseillais, il y a près de vingt ans, et qui ne fait preuve, ni d'une profonde érudition, ni d'une imagination brillante.

Lorsque le style l'emporte sur le fond, dans une œuvre littéraire, il est dangereux de vouloir suppléer à ce qui peut manquer à un grand poète.

Ainsi Maffeo Vegio, dont Virgile fut l'un de ses grands dieux, dit Bayle, a voulu donner une conclusion au poème de l'Enéide, qui est imprimée à la suite de plusieurs éditions de Virgile du 16me siècle. Ce supplément a été critiqué par Baillet;[182] c'est toutefois le plus connu des ouvrages de Maffeo, et il a été traduit en français.[183]

[182] Jugement sur les poètes, No. 1222, tome iv. page 13, édit. de 1725, in 4º.

[183] Par Mornhault. Cologne, 1816, in 16º.

Michel de Villeneuve, poète obscur, a voulu, lui aussi, "facere experimentum in profugo Æneâ."

Enfin, Joseph Michaud, auteur du "Printemps d'un Proscrit," a, dit-on, ajouté un 13me livre à l'Ænéide, mais nous n'avons pu nous procurer ce travail, pour en juger.

On sait qu'il se rencontre dans ce poème, un certain nombre de vers inachevés. Il n'était guère possible que des latinistes modernes n'éprouvassent le besoin d'alonger ces tronçons poétiques, et de leur donner les justes dimensions de l'hexamètre. Nous avons en ce genre deux ou trois essais assez malheureux, qui ne valent guère la peine d'être cités.