—Vous avez eu tort de laisser partir le docteur Corneille Agrippa...
—C'était un ignorant, interrompit vivement la duchesse; quand j'aurai besoin d'un physicien, j'en tiens un à ma disposition, qui n'a pas ses scrupules absurdes, et qui le dépasse de cent coudées en savoir...
—Vous me le ferez connaître, ma mère! s'écria Marguerite de Valois, charmée de voir le crédit qu'avait déjà pris le vieux de Pavanes sur cette intelligence superstitieuse et implacable.
—Je prétends avant peu, s'il réussit dans une affaire dont je l'ai investi, l'attacher exclusivement à votre personne, à celle de votre cher frère et roi et à la mienne. Cet homme est un trésor, et les trésors se doivent garder en famille.
—Je reconnais là votre bonté pour moi, ma mère... et cela m'encourage à vous adresser une question.
—Je sais ce que vous voulez dire... fit Louise de Savoie, en pénétrant d'un clin d'œil au fond de la pensée de sa fille.
—Alors, ma mère, que répondez-vous?
—Qu'il y a un mauvais génie mêlé dans mes desseins. Que ce projet conçu par moi comme l'œuvre la plus heureuse de ma politique, dicté à l'abri de toute oreille indiscrète au confesseur du roi, scellé de mon sceau, remis à la discrétion de cet honnête ecclésiastique, sous le coup d'un serment formidable; ce plan a été surpris, éventé par l'influence néfaste qui déjoue chacun de mes efforts.
Par une audace sans exemple, maître Guillaume Parvi a été arrêté dans son voyage par des entraves, des périls successifs habilement calculés, plus habilement exécutés, puisqu'il est impossible de saisir la trace de leurs auteurs...
La duchesse d'Alençon regarda sa mère en face et lui dit avec un calme significatif: