—Que prétend Votre Altesse?

—Voici de l'eau bénite, dit-elle en montrant la coupe suspendue au-dessous du crucifix; voici une image sainte; ceci est un oratoire consacré comme une chapelle; nous sommes chrétiens l'un et l'autre. Prenez cette eau, et baptisez la figurine, je vais répondre pour elle.

L'alchimiste lui-même sentit comme un frisson de remords lui traverser les reins à cette proposition sacrilège.

—Hésiteriez-vous?... demanda l'implacable duchesse; croyez-vous que ce ne soit pas œuvre pieuse et méritoire de perdre cet homme?...

—Œuvre sainte et juste!... Oui, sur mon âme!... C'est écraser le serpent, renvoyer Satanas à la géhenne!...

Exalté alors par sa haine et par l'horreur de cette cérémonie démoniaque, il détacha la coupe, et la tenant suspendue sur la statuette:

—Toi qui as du sang humain dans le cœur, qui es-tu? prononça-t-il.

—Antoine Duprat, ministre, chancelier de France, répondit la régente, les lèvres agitées par la haine, en laissant passer ces titres.

—Que veux-tu, en présence de ce Christ, dans ce lieu bénit?

—Le baptême.