—Poursuivons... murmura la duchesse exaltée jusqu'au délire.
—Voici une longue épingle de fer, vous allez la faire rougir à l'un des cierges, et une fois rouge, vous l'enfoncerez au cœur de la figure baptisée.
Pendant ce temps, je me livrerai aux supputations astrologiques indispensables.
Laissant la duchesse accomplir cette instruction, il s'assit à la table, déroula un parchemin couvert de cercles et de triangles, parmi lesquels il traça à la pointe d'un crayon rouge diverses images symboliques.
La duchesse lui obéit exactement; de sa main princière elle fit rougir l'épingle et l'enfonça avec passion dans la cire dont une parcelle se fondit, mais où elle resta fixée.
—J'ai fait suivant vos désirs, maître, dit-elle alors.
—C'est bien, madame, répondit-il tout préoccupé; nous renouvellerons cette opération pendant neuf jours. Mais que Votre Altesse le sache, les calculs que voici, et que je tiens pour sûrs, m'annoncent que le neuvième jour, si l'envoûtement n'a pas réussi contre notre adversaire, un malheur atteindra l'un de nous.
—J'irai jusqu'au bout! La mort de cet homme ou ma perte!...
—A moins que ce ne soit la mienne... murmura pensivement l'alchimiste.
Et il demeura de nouveau penché sur son vélin cabalistique.