—Et je prenais sa défense, puisqu'elle s'est montrée pour mes protégés plus indulgente que Votre Excellence... Je lui en sais d'autant plus gré qu'elle a fait cela sans que j'eusse besoin de l'en prier, et sans même m'en instruire, comme un acte spontané de sa clémence. Vous trouverez bon, n'est-il pas vrai, messire, que je lui adresse mes remerciements et mes félicitations.

Et la princesse feignit de se lever de son siège, pour aller de suite remplir ce dessein.

Duprat, le front plissé, les sourcils croisés, fit un geste pour l'engager à rester, ce qu'elle exécuta d'autant plus volontiers qu'elle n'avait pas envie de rompre ainsi la conversation.

—Que Votre Altesse ne se hâte pas, dit-il: car à ses compliments succéderaient peut-être bientôt des reproches...

—Je cesse de comprendre, messire.

—Je veux dire que l'indulgence de madame la régente cédera probablement aux remontrances qu'elle ne manquera pas de recevoir.

—Et qui donc oserait adresser à la mère du roi François Ier de telles observations, messire?

—Moi, Altesse!... répondit Antoine Duprat en soutenant de son mieux le regard superbe avec lequel la princesse le toisait.

—Vous, messire?...

—Moi, le plus humble, mais le plus dévoué serviteur de notre très honoré sire. Moi, dont le zèle est accoutumé à ne pas reculer devant les obstacles... Et quand j'aurai parlé comme je dois le faire à madame la duchesse, je suis sûr qu'elle rétablira les choses suivant mes désirs.