Le franciscain, habitué à lire dans sa pensée, se pencha vers lui.
—Ce serait trop beau!... lui dit-il.
Mais son imagination était lancée.
—C'est le présent que je veux connaître... Parlez, et pour peu que votre art s'exerce avec le moindre bonheur, frère Jean, vous n'aurez qu'à souhaiter; formés par vous, tous les désirs qu'un roi pourrait satisfaire seront satisfaits.
—Ma vie est d'humilité et d'abnégation, répondit le jeune homme; ma cellule pour prier, une chaire pour faire entendre la parole de Dieu, voilà mon ambition. Mais je me suis mis à votre discrétion, monseigneur, et je veux vous obéir.
—Nous vous écoutons.
—Oh! fit le visionnaire, je ne saurais procéder ainsi et avec mes seules ressources!
—Que vous faut-il donc?
—Une personne autant que possible en âge d'adolescence, une jeune fille préférablement, avec laquelle j'entre en communication, par la seule force de la pensée, que je réduise à mon gré en état d'extase, et de qui j'obtienne, par la seconde vue, la révélation souhaitée.
—Je ne comprends pas très bien.