—Ainsi, reprit-elle en lui parlant, avec toi je peux connaître si l'on me hait... et si l'on m'aime!...

Elle articula ce dernier mot si bas, si bas, que le talisman même ne dût pas l'entendre.

—Ah! si j'osais!... soupira-t-elle.

V
L'ATELIER DU LOUVRE.

Nous avons expliqué par suite de quelles circonstances la reine-mère habitait alors le Louvre avec le reste de la cour, de préférence à ses autres hôtels ou palais. Celui-ci obtint, du reste, toujours une bienveillance signalée de sa part, et malgré les épreuves cruelles qu'elle eut à y subir, elle contribua puissamment à en déterminer la splendeur, puisque le nom de Marie de Médicis est devenu indispensable du souvenir de ses embellissements.

Installée d'une manière considérable dans l'aile joignant la galerie des peintres ou des tableaux, elle avait autour d'elle toute sa maison, fort importante encore à cette époque; c'est-à-dire, non seulement ses dames et demoiselles d'honneur, les femmes et les gens de son service, mais cet entourage de lettrés et d'artistes qu'elle aimait à soutenir.

Entre ceux-ci, le plus favorisé était son peintre en titre, Duchesne, artiste médiocre cependant, mais qui jouissait alors d'une vogue dont le temps a fait bonne et complète justice.

Non seulement elle l'avait chargé en chef de la décoration de son palais du Luxembourg, où elle lui avait accordé un logement, mais elle avait voulu qu'il eût un atelier près d'elle, dans le Louvre, et les combles de l'aile qu'elle habitait avaient été largement disposés pour cette destination.

Enfin, accumulant faveur sur faveur, elle avait adopté sa fille Henriette, l'avait attachée à sa personne, et la traitait avec une tendresse maternelle.

C'est dans cet atelier du Louvre que nous allons nous transporter.