Il en avait profité pour gagner la terrasse; Boisenval s'était rencontré tout à point auprès de Louise pour lui offrir son bras et la conduire, sans éveiller les doutes, jusqu'au bas du perron, où il était demeuré en vigie pendant que la fille d'honneur et le souverain se réunissaient.

Cette petite manœuvre s'opéra si promptement que Louis XIII n'attendit pas cinq minutes.

En apercevant Louise arrêtée à deux pas du perron et n'osant s'avancer, il franchit la distance, et par un excès de hardiesse dont il s'émerveilla lui-même:

—Mademoiselle, balbutia-t-il, refusez-vous mon bras?

—Oh! sire, répondit-elle, quelle faveur...

Nous serions très embarrassé de dire lequel tremblait le plus. Mais le roi était lancé décidément.

—La faveur est pour moi... répliqua-t-il.

Et ils marchèrent quelques pas sans rien ajouter.

La soirée était magnifique, le lieu divinement choisi.

Derrière eux, de longs parterres dont les senteurs enivrantes se dégageaient à profusion à cette heure propice, et embaumaient l'atmosphère. A gauche, les clairières du parc, dominées par les massifs de la forêt, avec le bruit vague des feuilles et des branches. Sur la droite, par un contraste tout poétique, le palais débordant de clartés et d'harmonies.