—Vous voulez dire que je recherche, n'est-ce pas?... Ce rôle que je remplis... ce rôle...
Elle fixa sur lui ses beaux yeux empreints d'une telle expression de tendresse, qu'il en fut tout pénétré.
—Vous étiez menacé, persécute, emprisonné... une haine terrible s'attachait à vous... il fallait vous sauver... Le roi, triste, soucieux, avait bien voulu se dérider en m'apercevant; il n'exigeait de moi qu'un sourire, ce pauvre monarque plus esclave que le dernier serf de son royaume. Ce sourire m'élevait à cette faveur, que je ne cherchais que pour vous. L'âme torturée par l'idée de votre détresse, je trouvai cependant le courage de sourire au roi...
Philippe se prosterna à ses pieds.
—Louise! chère Louise!... pardonnez-moi! je suis un ingrat, un malheureux! Je vous ai accusée, méconnue... trahie... je vous ai crue coupable... vous étiez victime! victime pour ma propre cause!... Je me suis donné à une autre... Mais c'en est fait, pardonnez-moi, je reprends ma foi, je reviens à vous, toute ma vie se passera à expier mes torts...
Elle le regarda quelque temps dans cette attitude amoureuse et suppliante, avec un ineffable ravissement. Puis elle s'arracha par un soupir à cette prestigieuse consolation.
—Relevez-vous, mon ami, dit-elle.
—Pas avant que vous m'ayez pardonné...
—Je vous pardonne, je vous absous...
—Un mot encore, vous acceptez?...