— Mon Dieu, ma mignonne, dit la marquise, voyez comme votre grand-père est beau! Que je le trouve beau!
Sibylle partit de son pied léger, et, s'approchant du vieux marquis, elle lui interpréta ce message affectueux dans sa langue un peu fière:
— Grand-père, la marquise de Férias m'envoie vous dire qu'elle vous trouve beau.
Le marquis sourit.
— Quelle folie! Allez lui dire que c'est elle qui est charmante.
Puis, la rappelant:
— Portez-lui cette fleur, ajouta-t-il.
IV
LE FOU DE SIBYLLE
En été, quand l'aube s'est levée radieuse dans un azur immaculé, les premières heures du jour ont une pureté et un calme que l'on croirait éternels. Cependant des brises folles s'élèvent tout à coup, inclinent les herbes et agitent le feuillage; des réseaux blanchâtres s'entre-croisent dans le ciel, d'un horizon à l'autre, comme des voiles tendus soudain par des mains invisibles. On s'inquiète, et l'on se dit qu'il pourrait bien venir de l'orage dans la journée.