Sibylle secoua faiblement la tête avec un ombre de sourire.

— Ah! dit-elle, si je pouvais espérer qu'un jour, — si lointain qu'il puisse être, — je vous verrai prier là!

Raoul sourit à son tour:

— Vous ne voulez pas que je vous trompe, n'est-ce pas?… Je ne le crois pas. Je suis si loin de la foi!… Et pourtant il me semble que si jamais je devais m'en rapprocher,… ce serait là, — dans cette chère église,… près de ce digne prêtre… et près de vous!

Elle le regarda fixement; puis elle s'avança vers l'autel, s'agenouilla sur les degrés, et se mit à prier avec ferveur, la tête dans ses mains. Raoul, debout et immobile contre la boiserie du choeur, contempla un instant la jeune fille prosternée, et, les traits de son visage s'agitant d'une émotion subite, il mordit ses lèvres et passa rapidement la main sur ses yeux.

Après quelques minutes, mademoiselle de Férias se releva, salua l'autel, et passant devant Raoul:

— A bientôt! lui dit-elle en souriant.

Comme elle sortait du choeur, elle s'arrêta, attacha son regard sur la fresque ébauchée, et, se retournant:

— C'est très-beau, monsieur! — reprit-elle.

Puis elle s'éloigna, et Raoul n'entendit plus que le frôlement de ses jupes traînant sur les dalles.