Gandrax fit un signe à la femme qui le gardait: elle sortit aussitôt. Il désigna alors du doigt à Raoul la fiole vide qui était posée près de la lampe. Raoul l'examina à la hâte: un pli douloureux contracta ses traits; il se rapprocha du lit, et regardant fixement Gandrax:

— Clotilde? dit-il.

— Oui, dit Gandrax.

Et après une pause:

— La première faiblesse de ma vie,… et la dernière!

— Ah! malheureux!… mais si tu as résisté jusqu'ici, on peut espérer… L'opium pardonne… Où est le médecin? Que dit-il?

— Le médecin, c'est moi… Il dit que le système nerveux est détruit, et que je suis perdu… Je ne suis plus qu'une matière qui se transforme.

— Mais tu peux te tromper, s'écria Raoul avec agitation.
Voyons, laisse-moi appeler quelqu'un; qui veux-tu?

— Personne,… inutile,… ne me trouble pas; assieds-toi.

M. de Chalys se laissa tomber sur une chaise à côté du lit: