Le comte de Chalys demeura un moment comme interdit, les regards attachés sur la porte par où sa cousine Blanche venait de disparaître; puis joignant les mains:

— Ah! mon Dieu! dit-il, qu'est-ce qu'il y a donc?

Il parut réfléchir, non sans quelque amertume, secoua la tête tristement, et après une pause:

— C'est que… je ne sais que faire! reprit-il. Faut-il m'en aller?… Ah! bien, ma foi, voilà une belle besogne!… Allez donc en Perse!… Ah! Seigneur, mon Dieu!…

Comme il était dans cette perplexité, la porte se rouvrit, et la jeune duchesse rentra, les yeux fort rouges, mais le visage souriant. Elle lui tendit la main:

— Ce n'est rien, dit-elle gracieusement, excusez-moi… Ne partez pas encore; causons!

Et elle se jeta dans un fauteuil. Elle le pressa alors de questions un peu fiévreuses sur ses voyages et sur sa vie en Orient. Cela les mit plus à l'aise; ils ne tardèrent pas à rire ensemble.

— A la bonne heure! dit Raoul, nous voilà comme dans le bon temps, quand j'étais votre frère; à présent je suis votre grand-père. Ah! que je me sens vieux!… Bonsoir, cousine!

Quand il s'était levé pour partir, Blanche était redevenue sérieuse tout à coup. En lui serrant la main:

— Pourrai-je vous voir quelquefois? dit-il.