— En Grèce! dit Gandrax.
— Tu as raison… en Grèce… et je reviens! — Je vais ce soir, après dîner, faire visite à ma tante de Guy-Ferrand, comme mon coeur et mon devoir m'y poussaient… Accueil un peu froid d'abord… Puis, comme c'est une excellente femme, et comme sa fille d'ailleurs est duchesse, je la retrouve bientôt aussi affectueuse qu'autrefois… Arrive la jeune duchesse! Je crois sentir dans son abord, et jusque dans les étreintes du retour, un soupçon de rancune, un peu de glace, un peu d'émotion, un peu de confusion… je ne sais pas quoi enfin!
— Bah! dit Gandrax, tu es fatigant! elle adore son mari, ta cousine, et elle a raison, car il est magnifique de sa personne, parfait pour elle, et il lui a donné deux bijoux d'enfants!
— Tu parles trop, mon ami, reprit tranquillement Raoul. Sache donc que, madame de Guy-Ferrand m'ayant laissé seul avec la jeune duchesse,… il y a de cela trois quarts d'heure,… je m'avise de lui faire compliment sur le bonheur que tu vantes… Elle me regarde alors en face pour la première fois, éclate en sanglots, et se sauve dans la pièce voisine.
— Oh! là! dit Gandrax en fronçant le sourcil.
— Elle est revenue un moment après, a repris contenance, s'est montrée douce, amicale, fraternelle, mais tout cela sans naturel aucun et avec toutes les fièvres d'enfer dans les yeux. — Eh bien, quid dicis, Thoma?
— Je dis qu'il ne faut pas la revoir.
— Bah! et le moyen, vivant à Paris… et n'ayant d'autre famille que la sienne? C'est un rêve!
— Retourne en Perse, alors! cria Gandrax.
— Je ne retournerai pas en Perse.