La duchesse rassembla tout son courage.

— Je lui contais mes peines, dit-elle.

— Vos peines? répliqua le duc en riant. Vous avez des peines, jeune dame?… Tu as des peines, ma pauvre Blanche?

— Très-graves.

— Oh! grand Dieu! dit le duc en flairant sa rose avec sérénité.

— Mademoiselle de Férias, reprit la duchesse, me donnait le conseil de vous les confier… Elle prétend que vous avez une âme généreuse?…

Sans rien perdre de son calme, le duc sentit son pouls s'accélérer.

— Vraiment? dit-il. Voyez cette jeune fille?… Eh bien, je ne sais pas, moi, si j'ai une âme généreuse; mais le conseil me paraît bon, et j'en suis reconnaissant à mademoiselle de Férias.

La duchesse se leva, et s'appuyant d'une main sur un fauteuil:

— Mon ami, dit-elle avec effort, ne me quittez pas si souvent,… ou plutôt, sans rien changer à vos habitudes, emmenez-moi à la campagne toutes les fois que vous irez… Vous me rendrez très-heureuse.