— Rien de grave. Seulement, j'ai pu me convaincre qu'elle ne pardonnait pas de tenir une place qui, suivant elle, n'aurait jamais dû être remplie.
— Que me conseillez-vous, George? reprit M. de Moras. Je ferai ce que vous voudrez.
— Mon ami, dit Lucan en lui posant doucement les mains sur les épaules, ne vous offensez pas, mais la vie commune dans ces conditions devient difficile. N'attendons pas quelque scène irréparable. A Paris, nous pourrons nous voir sans inconvénient. Je vous conseille de l'emmener.
— Si elle ne veut pas?
— Je parlerais ferme, dit Lucan en le regardant dans les yeux; — j'ai à travailler ce soir, cela se trouve bien. A bientôt, mon ami.
M. de Lucan s'enferma dans sa bibliothèque. Une heure plus tard, Clodilde vint l'y trouver. Il put voir qu'elle avait beaucoup pleuré; mais elle lui tendit son front avec son plus doux sourire. Pendant qu'il l'embrassait, elle murmura simplement à voix basse:
— Pardon pour elle!
Et la charmante créature se retira à la hâte en dissimulant son émotion.
Le lendemain, M. de Lucan, levé comme de coutume d'assez grand matin, travaillait depuis quelque temps près de la fenêtre de la bibliothèque, qui s'ouvrait à une faible hauteur sur le jardin. Il ne fut pas médiocrement surpris de voir apparaître le visage de sa belle-fille entre les lianes de chèvrefeuille qui s'enlaçaient au feuillage de fer du balcon.
— Monsieur, dit-elle de sa voix chantante, êtes-vous bien occupé?