— Montez, m'a-t-il dit. Allons! du courage, monsieur. Soyez homme.
Je suis entré dans la cellule: madame de Malouet y était demeurée seule; elle était à genoux près du lit, et m'a fait signe de m'approcher.
J'ai regardé celle qui allait cesser de souffrir. Quelques heures avaient suffi pour empreindre tous les ravages de la mort sur ce visage charmant; mais la vie et la pensée rayonnaient encore dans ses yeux: elle m'a reconnu aussitôt.
— Monsieur,… m'a-t-elle dit.
Puis, se reprenant après une pause:
— George, je vous ai bien aimé. Pardonnez-moi d'avoir empoisonné votre vie de ce triste souvenir!
Je suis tombé sur mes genoux; j'ai voulu parler, je ne le pouvais pas; mes larmes coulaient brûlantes sur sa main déjà inerte et froide comme un marbre.
— Et vous aussi, madame, a-t-elle repris, pardonnez-moi la peine,… le mal que je vous fais!
— Mon enfant! a dit la vieille dame, je vous bénis du fond du coeur.
Puis il y a eu un silence, au milieu duquel j'ai entendu tout à coup un soupir profond et brisé… Ah! ce soupir suprême, ce dernier sanglot d'une mortelle douleur, Dieu aussi l'a entendu, il l'a recueilli!