— Hélas! reprit-elle, je veux le croire… je le crois… mais ce n'est pas assez!…

Au même instant, mademoiselle Hélouin rentra, et tout fut dit.

Le lendemain, — c'était hier, — j'étais parti à cheval dès le matin pour surveiller quelques coupes de bois dans les environs. Vers quatre heures de soir, je revenais dans la direction du château, quand, à un brusque détour du chemin, je me trouvai subitement face à face avec mademoiselle Marguerite. Elle était seule. Je me disposais à passer en la saluant; mais elle arrêta son cheval.

— Un beau jour d'automne, monsieur, me dit-elle.

— Oui, mademoiselle. Vous vous promenez?

— Comme vous voyez. J'use de mes derniers moments d'indépendance, et même j'en abuse, car je me sens un peu embarrassée de ma solitude… Mais Alain est nécessaire là-bas… Mon pauvre Mervyn est boiteux… Vous ne voulez pas le remplacer, par hasard?

— Avec plaisir. Où allez-vous?

— Mais… j'avais presque l'idée de pousser jusqu'à la tour d'Elven.

Elle me désignait du bout de sa cravache un sommet brumeux qui s'élevait à droite de la route.

— Je crois, ajouta-t-elle, que vous n'avez jamais fait ce pèlerinage.