— Très bien! a dit mademoiselle de Porhoët.
— A merveille! a ajouté M. Laubépin. Puis, après une pause:
— Le Bévallan est au diable!
— Et la jeune Hélouin sur la même route, a repris mademoiselle de Porhoët.
J'ai poussé un cri de surprise:
— Bon Dieu! qu'est-ce que c'est que tout cela?
— Mon ami, a dit M. Laubépin, l'union projetée présentait tous les avantages désirables, et elle aurait assuré, à n'en point douter, le bonheur commun des conjoints, si le mariage était une association purement commerciale; mais il n'en est point ainsi. Mon devoir, lorsque mon concours a été réclamé dans cette circonstance intéressante, était donc de consulter le penchant des coeurs et la convenance des caractères, non moins que la proportion des fortunes. Or j'ai cru observer dès l'abord que l'hymen qui se préparait avait l'inconvénient de ne plaire proprement à personne, ni à mon excellente amie madame Laroque, ni à l'aimable fiancée, ni aux amis les plus éclairés de ces dames, à personne enfin, si ce n'est peut-être au fiancé, dont je me souciais très médiocrement. Il est vrai (je dois cette remarque à mademoiselle de Porhoët), il est vrai, dis-je, que le fiancé est gentilhomme…
— Gentleman, s'il vous plaît, a interrompu mademoiselle de Porhoët d'un accent sévère.
— Gentleman, a repris M. Laubépin, acceptant l'amendement; mais c'est une espèce de gentleman qui ne me va pas.
— Ni à moi, a dit mademoiselle de Porhoët. Ce sont des drôles de cette espèce, des palefreniers sans moeurs comme celui-ci, que nous vîmes, au siècle dernier, sous la conduite de M. le duc de Chartres d'alors, sortir des écuries anglaises pour préluder à la Révolution.
— Oh! s'ils n'avaient fait que préluder à la Révolution, dit sentencieusement M. Laubépin, on leur pardonnerait.