MAXIME.
En voilà assez, monsieur Laubépin; en voilà trop1 [1.
Laubépin, Maxime.]!
LAUBEPIN, haussant la voix.
Si la proposition ne vous plaît pas, monsieur le marquis, elle ne me plaît pas plus qu'à vous. Mais j'ai cru devoir vous la soumettre. En voici une autre qui, j'espère, vous sourira davantage: j'ai parmi mes anciens clients un honorable commerçant qui s'est retiré des affaires avec une fortune assez ronde: sa fille, monsieur le marquis, fille unique et conséquemment adorée, a été par hasard informée de votre situation, et je sais, je suis certain qu'elle serait prête et disposée à recevoir de votre main le titre de marquise de Champcey. Le père consent, et je n'attends qu'un mot de vous pour vous dire le nom et la demeure de cette famille intéressante.
MAXIME.
Mon nom n'est pas plus à vendre qu'à louer. D'ailleurs, dans l'état de ma fortune, mon titre est dérisoire, et comme il paraît devoir en outre m'exposer à toutes les entreprises de l'intrigue, je suis déterminé à le quitter; le nom originaire de ma famille est Odiot: c'est le seul que je porterai désormais.
LAUBEPIN.
Ah! (se frottant les mains gaiement et amicalement.) Savez-vous que vous serez difficile à caser, très-difficile à caser, jeune homme, avec ces idées-là? C'est étonnant, Monsieur, comme je suis frappé depuis un moment de votre ressemblance avec madame votre mère.
MAXIME, souriant tristement.
Avec ma mère? Je ne pensais pas… On m'a toujours dit que j'étais le portrait vivant de mon aïeul paternel… Jacques de Champcey.