Madame de Camors prit le bras de sa mère, et la mena jusqu'à la porte de la chambre qui lui était destinée. Sur le seuil, elle la laissa.
—Sois sage, lui dit madame de Tècle en se retournant et en lui souriant encore.
—Vous aussi! murmura la jeune femme, à qui la voix manquait.
Madame de Tècle, dès que la porte fut refermée, leva ses deux mains jointes vers le ciel; puis, tombant à genoux devant le lit, elle y ensevelit sa tête et se mit à sangloter éperdument.
La bibliothèque de M. de Camors était contiguë à cette chambre. Il s'y était retiré. Il se promena d'abord à grands pas dans cette vaste pièce, s'attendant d'une minute à l'autre à voir entrer madame de Tècle. Le temps s'écoulant, il s'assit et essaya de lire; mais sa pensée lui échappait, son oreille recueillait avidement malgré lui les moindres bruits de la maison. Si un pas semblait s'approcher, il se levait brusquement et se hâtait de composer son visage. Quand la porte de la chambre voisine s'était ouverte, son angoisse avait redoublé; il distingua le chuchotement de deux voix, puis, l'instant d'après, la chute lourde de madame de Tècle sur le tapis, puis sont sanglot désespéré. M. de Camors rejeta violemment te livre qu'il s'efforçait de lire, et, posant son coude sur le bureau qui était devant lui, il tint longtemps son front pâle serré dans sa main contractée.—Quand le bruit des sanglots s'apaisa et cessa peu à peu, il respira.
Vers midi, il reçut ce billet:
«Si vous me permettiez d'emmener ma fille à la campagne pour quelques jours, je vous en serais reconnaissante.
»ÉLISE DE TÈCLE.»
Il répondit aussitôt ces simples lignes:
«Vous ne pouvez rien faire que je n'approuve aujourd'hui et toujours.