Germaine. — Allons donc !

Le Jardinier. — C’est-à-dire, pour être juste, que Monsieur et moi, on se les est donnés, en même temps, tous les deux…

Germaine. — Ce n’est pas vrai !

Le Jardinier. — Si fait, Mademoiselle… si fait !… Ah ! ça m’a fait deuil, vous pensez !…

Germaine. — Pourquoi avez-vous donné vos huit jours ? Vous ne vous plaisiez plus ici ?

Le Jardinier, timide et les yeux vers la terre. — Il n’y a pas moyen de vivre avec Monsieur !… Monsieur vous cherche des raisons à propos de tout et à propos de rien !… Qu’est-ce que vous voulez ?… On ne peut jamais le contenter !… J’ai patienté longtemps, parce que, bien sûr, ça m’ennuyait de quitter Mademoiselle, qui a été, toujours, si bonne pour ma femme et pour moi… Mais Monsieur !… Il n’y a plus moyen, il n’y a plus moyen ! C’était un enfer, ici !

Germaine. — Dites-moi ce qui s’est passé entre mon père et vous.

Le Jardinier. — Mon Dieu !… Il ne s’est, pour ainsi dire, rien passé…

Germaine. — Mais encore ?

Le Jardinier. — Comme tous les jours… Mademoiselle sait bien ! Seulement, à la longue… on se lasse.