Germaine. — Adieu !

Le Jardinier. — Adieu !

Le jardinier s’en va, gauche, pesant, le dos déjà courbé, la nuque cuite comme une brique, par le soleil… Germaine, plus grave, plus triste, plus songeuse, reprend sa promenade lente, le long des plates-bandes… Le château et la terrasse redeviennent silencieux… Toujours les trois molosses dorment sur les marches, et l’on n’entend plus que le bruit du râteau, sur le sable d’une allée, au loin…

La divine enfance.

Dans le bois, on aperçoit, entre les feuilles, au loin, la maison, toute blanche, dans le soleil. C’est l’heure chaude de la journée où les oiseaux engourdis se taisent. Nul souffle dans les branches.

JEANNE — dix ans — est assise sur la mousse, le dos appuyé au tronc d’un bouleau. Elle est un peu dépeignée, très rose, essoufflée d’avoir couru. Son grand chapeau de paille posé près d’elle sur un rejeton d’acajou, brille comme une immense fleur d’or, sous l’ombre des feuilles.

JEAN — douze ans — est couché à plat ventre en face d’elle. Il arrache des mousses d’un air triste.

Ils ne se disent rien… Enfin, Jean se décide à parler.

JEAN

Pourquoi que Georges t’a encore embrassée ?