J'aurais bien voulu savoir de qui était ce Bismarck à reflets.

—C'est de l'École de Düsseldorf...

Je ne pus tirer rien de plus de mon gros métallurgiste.

Pourquoi notre Académie des Beaux-Arts—ah! on ne peut jamais retrouver le nom d'aucun de ses membres—ne se constituerait-elle pas franchement en société anonyme d'exploitation artistique?...Cela faciliterait beaucoup les transactions entre amateurs, et simplifierait la besogne des pauvres critiques d'art...

L'Empereur ne vient plus jamais à Düsseldorf. Il n'y est pas populaire, et chacun parle de lui assez librement. On ne lui pardonne pas son ingratitude envers Bismarck, qui est vénéré, ici, où tout le monde vous dit:

—Bismarck, monsieur, mais c'est l'âme même de l'Allemagne!


[Le théâtre repopulateur.]

Nous sommes allés au théâtre. On y joue Monna Vanna, de Maurice Mæterlinck. Vous savez le prodigieux triomphe, en Allemagne, de cette belle tragédie. On n'en compte plus les représentations, et son succès y dure toujours. Elle est interprétée avec soin, mais sans verve. La mise en scène en est somptueuse, mais sans goût. Les couleurs y hurlent; le clinquant des accessoires vous aveugle. Ce n'est pas de la figuration, c'est de la fulguration.