J'étalai devant elle les quatre billets de mille francs. Juliette les saisit dans sa main, un à un, âprement, les compta, les examina. Ses yeux luisaient, étonnés et charmés.

—Quatre mille francs, mon chéri!... Comment, tu as quatre mille francs?...Mais tu es riche!... Alors....

Elle se pendit à mon cou, caressante.

—Alors, reprit-elle, puisque tu es très riche.... J'ai envie d'un petit nécessaire de voyage que j'ai vu, rue de la Paix!... Tu veux me l'acheter, mon chéri; tu veux, pas?

Je reçus au cœur un coup si douloureux que je faillis tomber sur le plancher; et un flot de larmes m'aveugla. Pourtant, j'eus le courage de demander:

—Qu'est-ce qu'il vaut, ton nécessaire?

—Deux mille francs, mon chéri.

—C'est bien!... Prends deux mille francs.... Tu l'achèteras toi-même.

Juliette me baisa au front, prit deux billets qu'elle enfouit précipitamment dans la poche de son manteau, et son regard attaché sur les deux qui restaient et qu'elle regrettait sans doute de ne pas m'avoir demandés, elle dit:

—Vrai?... Tu veux bien?... Ah! c'est gentil!... Cela fait que si tu retournes au Ploc'h, j'irai te voir avec mon nécessaire tout neuf.