Et, tout de suite, Marie, s'emparant de ma valise:

—Vous devez avoir joliment faim, monsieur Jean!... Je vous ai fait une soupe, comme vous l'aimiez, et puis j'ai mis un bon poulet à la broche.

—Merci! dis-je.... Je ne dînerai pas.

J'aurais voulu les embrasser tous les deux, leur ouvrir mes bras, pleurer sur leurs vieilles faces parcheminées.... Eh bien, ma voix était dure, cassante. J'avais prononcé: «Je ne dînerai pas», sur un ton de menace. Ils m'examinaient, un peu effarés, ne cessaient de répéter:

—Ah! monsieur Jean!... Comme il y a longtemps!... Ah! monsieur Jean!... Comme vous êtes beau garçon!...

Alors Marie, pensant qu'elle m'intéresserait, commença de me débiter les nouvelles du pays.

—Ce pauvre monsieur le curé est mort, vous avez su cela!... Le nouveau ne prend point ici; c'est trop jeune, ça veut faire du zèle.... Baptiste a été tué par un arbre....

Je l'interrompis:

—Bien, bien, Marie.... Vous me conterez tout cela demain....

Elle me conduisit à ma chambre, et me demanda: