Cette fois, c'est un haussement d'épaules qui me répond… Elle ne daigne même plus s'irriter de mes paroles…
Alors, poussé par un rut grossier, maladroitement, je me penche sur Clara, tente de l'enlacer, et, d'une main brutale, je lui empoigne les seins.
—Je te veux… là… tu entends… dans ce jardin… dans ce silence… au pied de ces gibets…
Ma voix est haletante; une bave ignoble coule de ma bouche et, en même temps que cette bave, des mots abominables… les mots qu'elle aime!…
D'un coup de rein, Clara se dégage de ma gauche et lourde étreinte; et, avec une voix où il y a de la colère, de l'ironie et aussi de la lassitude et de l'énervement:
—Dieu! que vous êtes assommant, si vous saviez… et ridicule, mon pauvre ami!… Le vilain bouc que vous êtes!… Laissez-moi… Tout à l'heure, si vous y tenez, vous passerez vos sales désirs sur les filles… Vous êtes trop ridicule, vraiment!…
Ridicule!… Oui, je sens que je suis ridicule… Et je prends le parti de me tenir tranquille… Je ne veux plus tomber, dans son silence, comme une grosse pierre dans un lac où des cygnes dorment, sous la lune!…
X
Le sampang, tout illuminé de lanternes rouges, nous attendait à l'embarcadère du bagne. Une Chinoise, au visage rude, vêtue d'une blouse et d'un pantalon de soie noire, les bras nus, chargés de lourds anneaux d'or, les oreilles ornées de larges cercles d'or, tenait l'amarre. Clara sauta dans la barque. Je la suivis.
—Où faut-il vous conduire? demanda la Chinoise, en anglais.