J'ai revu le capitaine Mauger, par-dessus la haie... Accroupi devant une plate-bande, nouvellement bêchée, il repiquait des plants de pensées et des ravenelles... Dès qu'il m'a aperçue, il a quitté son travail, et il est venu jusqu'à la haie pour causer. Il ne m'en veut plus du tout du meurtre de son furet. Il paraît même très gai. Il me confie, en pouffant de rire, que, ce matin, il a pris au collet le chat blanc des Lanlaire... Probable que le chat venge le furet.

—C'est le dixième que je leur estourbis en douceur, s'écrie-t-il, avec une joie féroce, en se tapant la cuisse et, ensuite, en se frottant les mains, noires de terre... Ah! il ne viendra plus gratter le terreau de mes châssis, le salaud... il ne ravagera plus mes semis, le chameau!... Et si je pouvais aussi prendre au collet votre Lanlaire et sa femelle?... Ah! les cochons!... Ah!... ah!... ah!... Ça, c'est une idée!...

Cette idée le fait se tordre un instant... Et, tout à coup, les yeux pétillants de malice sournoise, il me demande:

—Pourquoi que vous ne leur fourrez pas du poil à gratter, dans leur lit?... Les saligauds!... Ah! nom de Dieu, je vous en donnerais bien un paquet, moi!... Ça, c'est une idée!...

Puis:

—A propos... vous savez?... Kléber?... mon petit furet?

—Oui... Eh bien?

—Eh bien, je l'ai mangé... Heu!... heu!...

—Ça n'est pas très bon, dites?...

—Heu!... c'est comme du mauvais lapin.