—Oh! monsieur Xavier... monsieur Xavier... vous êtes une petite canaille... C'est très mal.
J'essayais, pour la forme, de me défendre. Tout à coup, il mit, doucement, sa main sur ma bouche:
—Tais-toi! fit-il.
Et me renversant sur le lit:
—Oh! comme tu sens bon! chuchota-t-il Petite putain, tu sens maman...
Ce matin-là, Madame fut particulièrement gentille avec moi...
—Je suis très contente de votre service, me dit-elle... Mary, je vous augmente de dix francs.
—Si, chaque fois, elle m'augmente de dix francs?... songeai-je... Alors, ça va bien... C'est plus convenable...
Ah! quand je pense à tout cela... Moi aussi, j'en ai soupé...
La passion ou plutôt la toquade de M. Xavier ne dura pas longtemps. Il eut vite «soupé de moi». Pas une minute, du reste, je n'avais eu le pouvoir de le retenir à la maison. Plusieurs fois, en entrant dans sa chambre, le matin, je trouvai la couverture intacte et le lit vide. M. Xavier n'était pas rentré de la nuit. La cuisinière le connaissait bien et elle avait dit vrai: «Il aime mieux les cocottes, cet enfant...» Il allait à ses habitudes, à ses plaisirs coutumiers, à ses noces, comme auparavant... Ces matins-là, j'éprouvais au coeur un serrement douloureux, et, toute la journée, j'étais triste, triste!...