—Oh! d'excellentes places... En voilà une blague! rectifiai-je... D'abord il n'y a pas de bonnes places, nulle part...

Mme Paulhat sourit, aimable et minaudière. Jamais je ne l'avais vue sourire ainsi:

—Je vous demande pardon, mademoiselle Célestine... Il n'y a pas de mauvaises places...

—Parbleu! je le sais bien... il n'y a que de mauvais maîtres...

—Non... que de mauvais domestiques... Voyons... Je vous donne des maisons, tout ce qu'il y a de meilleur, ce n'est pas de ma faute si vous n'y restez point...

Elle me regarda avec presque de l'amitié:

—D'autant que vous êtes très intelligente... Vous représentez... vous avez une jolie figure... une jolie taille... des mains charmantes, pas du tout abîmées par le travail... des yeux qui ne sont pas dans vos poches... Il pourrait vous arriver des choses heureuses... On ne sait pas toutes les choses heureuses qui pourraient vous arriver... avec de la conduite...

—Avec de l'inconduite... voulez-vous dire...

—Ça dépend des façons de voir... Moi, j'appelle ça de la conduite...

Elle s'amollissait... Peu à peu, son masque de dignité tombait... Je n'avais plus devant moi que l'ancienne femme de chambre, experte à toutes les canailleries... En ce moment, elle avait des yeux cochons, des gestes gras et mous, ce lapement en quelque sorte rituel de la bouche, qu'ont toutes les proxénètes et que j'avais observé aux lèvres de «Madame Rebecca Ranvet, Modes»... Elle répéta: