—Oh! pas de scènes, n'est-ce pas?... Je ne suis point ton mari... Il t'a plu de commettre une bêtise... Je n'en suis pas responsable... Qu'est-ce que tu veux?... Il faut en supporter les conséquences... La vie est la vie...

Je m'indignai:

—Alors, tu me lâches?... Tu es un misérable, une canaille, comme les autres, sais-tu? Le sais-tu?

William sourit... C'était vraiment un homme supérieur...

—Ne dis donc pas de choses inutiles... Quand nous nous sommes mis ensemble, je ne t'ai rien promis... Tu ne m'as rien promis non plus... On se rencontre... on se colle, c'est bien... On se quitte... on se décolle... c'est bien aussi. La vie est la vie...

Et, sentencieux, il ajouta:

—Vois-tu, dans la vie, Célestine, il faut de la conduite... il faut ce que j'appelle de l'administration. Toi, tu n'as pas de conduite... tu n'as pas d'administration... Tu te laisses emporter par tes nerfs... Les nerfs, dans notre métier, c'est très mauvais... Rappelle-toi bien ceci: «La vie est la vie!».

Je crois que je me serais jetée sur lui et que je lui aurais déchiré le visage—son impassible et lâche visage de larbin—à coups d'ongles furieux, si, brusquement, les larmes n'étaient venues amollir et détendre mes nerfs surbandés... Ma colère tomba, et je suppliai:

—Ah! William!... William!... mon petit William!... mon cher petit William!... que je suis malheureuse!...

William essaya de remonter un peu mon moral abattu... Je dois dire qu'il y employa toute sa force de persuasion et toute sa philosophie... Durant la journée, il m'accabla généreusement de hautes pensées, de graves et consolateurs aphorismes... où ces mots revenaient sans cesse, agaçants et berceurs: