—La vie... est la vie...
Il faut pourtant que je lui rende justice... Ce dernier jour, il fut charmant, quoique un peu trop solennel, et il fit bien les choses. Le soir, après dîner, il chargea mes malles sur un fiacre et me conduisit chez un logeur qu'il connaissait et à qui il paya de sa poche une huitaine, recommandant qu'on me soignât bien... J'aurais voulu qu'il restât cette nuit-là avec moi... Mais il avait rendez-vous avec Edgar!...
—Edgar, tu comprends, je ne puis le manquer... Et justement, peut-être aurait-il une place pour toi?... Une place indiquée par Edgar... ah! ce serait épatant.
En me quittant, il me dit:
—Je viendrai te voir demain. Sois sage... ne fais plus de bêtises... Ça ne mène à rien... Et pénètre-toi bien de cette vérité, que la vie, Célestine... c'est la vie...
Le lendemain, je l'attendis vainement... Il ne vint pas...
—C'est la vie... me dis-je...
Mais le jour suivant, comme j'étais impatiente de le voir, j'allai à la maison. Je ne trouvai dans la cuisine qu'une grande fille blonde, effrontée et jolie... plus jolie que moi...
—Eugénie n'est pas là?... demandai-je.
—Non, elle n'est pas là... répondit sèchement la grande fille.