Je connus là quelques minutes d'une véritable, indicible horreur. Toute étourdie encore par l'action abominable que je venais de commettre, je me levai pour partir. J'étais très pâle... Rose m'accompagna... Elle souriait:
—Je ne suis pas fâchée de ce qui vient d'arriver, me confia-t-elle... Il aimait trop son furet... Moi, je ne veux pas qu'il aime quelque chose... Je trouve déjà qu'il aime trop ses fleurs...
Elle ajouta, après un court silence:
—Par exemple, il ne vous pardonnera jamais ça... C'est un homme qu'il ne faut pas défier... Dame... un ancien militaire!...
Puis, quelques pas plus loin:
—Faites attention, ma petite... On commence à jaser sur vous dans le pays. Il paraît qu'on vous a vue, l'autre jour, dans le jardin, avec M. Lanlaire... C'est bien imprudent, croyez-moi... Il vous enguirlandera, si ce n'est déjà fait... Enfin, faites attention. Avec cet homme-là, rappelez-vous... Du premier coup... pan!... un enfant...
Et comme elle refermait sur moi la barrière:
—Allons... au revoir!... Il faut, maintenant, que j'aille faire ma gibelotte...
Toute la journée, j'ai revu le cadavre du pauvre petit furet, là-bas, sur le sable de l'allée...
Ce soir, au dîner, en servant le dessert, Madame m'a dit très sévèrement: