Feuilletons ces Mélanges:

«… Les Islettes sous Beauval… des fragments de poteries, des armes, des médailles de l'époque gallo-romaine prouvent que les Romains ont eu un établissement sur le territoire bordé par…» Passons… «Villa mérovingienne, simple rendez-vous de chasse sous Charlemagne, les Islettes furent ensuite fief dépendant de l'abbaye de… Le château fort élevé au XIIIe siècle par les sires de Beauval, après avoir souffert cinq ou six sièges, sacs ou incendies, tombait en ruine au siècle dernier lorsque le dernier des Beauval vendit sa terre à M. de Ligneul, un aimable homme, philosophe épicurien et quelque peu poète léger à la Boufflers, qui s'empressa de jeter bas les restes du donjon pour construire le château actuel et créer dans les prairies jusqu'alors marécageuses le joli parc des Islettes. M. de Ligneul eut l'esprit de mourir d'apoplexie au commencement de 1789, juste au moment où ses douces habitudes eussent été fortement gênées par les circonstances; il laissait peu de fortune; les Islettes échurent à une nièce, Mlle Sylvie de Ligneul, qui épousa peu après M. de Coudray, officier dans Bourgogne-Cavalerie.»

Restons en là; Elle, c'est Sylvie de Ligneul, et Lui, c'est le jeune officier de Bourgogne-Cavalerie.

III

M. de Coudray quitte la charmille à son tour, laissant bien en vue sur la table l'Almanach des Muses ouvert à la page 127, où se trouve le tendre distique suivant:

Oh! puisse dans tes yeux une larme rouler,

Qui brillera d'amour et n'osera couler!

Il est parti; il s'égare mélancoliquement dans le parc et baisse la tête en passant devant le triomphant Cupidon du temple de l'Amour. Bourgogne-Cavalerie est bien ému; se peut-il, fier dragon, qu'un simple trait de l'archer malin vous désarçonne ainsi et vous mette aussi complètement l'âme à l'envers?—Il revient le cœur troublé vers la charmille et sursaute en trouvant Sylvie en train de crayonner la réponse: