l'Almanach des Muses 1789

Ils sont là tous les deux, Elle allongée languissamment sur le banc de bois, le col, légèrement décolleté, caressé par de petits éclats de soleil et chatouillé par des bouquets de chèvrefeuille; Lui assis à quelque distance, l'air nerveux, et tapotant d'une main distraite sur la table du jardin peinte en vert tendre.

Piqué par l'ironie des reproches sans doute mérités, ceux-là seuls qui touchent, il a pris l'Almanach des Muses, et, cherchant une réponse, il n'a trouvé à souligner que ces deux pauvres vers d'un quatrain de M. le marquis de Fulvy:

Ce doit être un bien triste vœu

Que le vœu de plaisanterie!

Contre cette accusation de gaieté, Elle, secouant tristement la tête, a tout aussitôt protesté par ce vers pris dans une pièce du Petit Vieillard, adressée

A Monsieur ***

Qui me faisoit compliment sur ma prétendue gaieté:

Je n'ai de la gaieté que comme on a la fièvre.

Et Elle s'est levée d'un air de fierté offensée, et elle est rentrée au château, tandis que Lui restait sous la charmille, le sourcil froncé, plus nerveux qu'avant et continuant machinalement à feuilleter l'Almanach des Muses.

Mais ne pourrait-on trouver les noms de ces amoureux disputeurs, compléter au moins les initiales S. de L.? Voici sur le département où se trouve le centre usinier Beauval un volume de recherches historiques, des Mélanges d'histoire locale.