V.—Je ferai ses commandements de tout mon pouvoir, car nulle autre chose ne me plaît tant, quoiqu'elle me fasse souffrir; et si j'en ai un doux baiser, rien ne peut me causer de dommage.
VI.—Belle dame, ayez pitié de moi, car je n'ai pas d'autre secours; et jamais par de mauvaises paroles je n'abaisse ni ne diminue vos louanges.
VII.—Descort, va-t-en auprès du vaillant comte de Savoie, car sa valeur augmente tous les jours et ne se dément pas: son noble mérite vaut mieux que celui des meilleurs.
Notes:
Le texte que nous publions est celui de Raynouard, Lexique Roman, I, 513; nous donnons quelques leçons des mss. G et c.
V. 10 prisan Rayn. preisan G. V. 12 Zous iur e man G sous iur eus man c. V. 34. Lire qu'a? c-à-d. car elle a? V. 36 Qe je traire nol (le vers précédent manque) c Qe ia non traire G. V. 47 bais Rayn. baiss c. V. 49, 51 valor, meillor Rayn. valors... del meillors G valors... dels milhors c.
V. 48-49. Le comte de Savoie est le comte Thomas I (1188-1233).
Notes:
Le texte que nous publions est celui de Raynouard, Lexique Roman, I, 513; nous donnons quelques leçons des mss. G et c.
V. 10 prisan Rayn. preisan G. V. 12 Zous iur e man G sous iur eus man c. V. 34. Lire qu'a? c-à-d. car elle a? V. 36 Qe je traire nol (le vers précédent manque) c Qe ia non traire G. V. 47 bais Rayn. baiss c. V. 49, 51 valor, meillor Rayn. valors... del meillors G valors... dels milhors c.
V. 48-49. Le comte de Savoie est le comte Thomas I (1188-1233).
I.—Maintenant j'ai bien appris d'Amour comment il sait frapper de son dard; mais comment ensuite il sait gentiment guérir, cela je ne le sais pas encore. Je connais le médecin qui seul peut me donner la santé, mais à quoi cela me sert-il, si je n'ose lui montrer ma plaie mortelle?
II.—Je mourrai par ma sottise, car je ne vais pas lui montrer et dire la douleur qui me fait souffrir; personne ne peut me donner un remède contre cette douleur sauf la dame gaie et courtoise, que j'aime et que je chéris tant que je n'ose lui crier pitié, tellement j'ai peur que cela lui déplaise.
III.—J'ai un grand désir de pouvoir venir à genoux vers elle, d'aussi loin qu'on pourrait la voir, de venir vers elle mains jointes, lui faire hommage, comme un serf doit le faire à son seigneur, et en pleurant implorer sa pitié sans crainte des mauvaises gens.
IV.—Bonne dame où nous voyons tous biens naître comme graines et fleurs, puisque je vous aime et vous désire tant, je vous crie pitié; que pitié et ma bonne foi me viennent en aide auprès de vous, car je garderai bien mon secret et je vous serai plus fidèle—que Dieu me protège!—que Landric ne le fut à Aye.