Ce touchant récit finit la réunion du Club de la Charité: l'on se sépara ensuite: Irène et Julien étaient sérieusement touchés de ce qu'ils avaient entendu et prenaient de bonnes résolutions pour l'avenir.

CHAPITRE X.

UNE SÉANCE DU CLUB DU BEAU MONDE.

L'enfer est, dit-on, pavé de bonnes intentions. Cela signifie que les actions doivent accompagner les bons desseins, sans quoi les sages résolutions restent stériles et l'on a des remords de plus, en songeant qu'on a voulu bien faire et qu'on n'a pas eu la force d'agir comme on se le promettait.

C'est ce qui arrivait pour Irène et Julien: leurs habitudes futiles et dissipées, leurs amis faux et vains, les entraînaient à reprendre un train de vie qui ne suffisait plus à leurs coeurs, ni à leurs esprits: ils s'amusaient parfois à satisfaire leur besoin de briller, mais le plus souvent, ils n'approuvaient qu'en apparence ce que leur conscience blâmait en secret.

Pourtant comme ils étaient gais, élégants, et surtout comme ils étaient fort riches, Irène et Julien se voyaient recherchés plus que jamais par leurs amis du club le Beau Monde. C'est là que nous les retrouvons, quelques jours après leur réunion avec Élisabeth et ses amis.

La vente des timbres était des plus animées, ce jour-là; jamais Vervins, Jordan et Jules n'avaient déployé autant d'activité, de génie des affaires. Julien lui-même s'était laissé entraîner par leur exemple et faisait comme eux, des spéculations, aussi bonnes pour lui que mauvaises pour ses acheteurs de timbres. Chacun criait, allait, venait, discutait, lorsqu'une voix grave domina tout à coup le tumulte.

«Mes petits messieurs, il n'est pas permis de faire du commerce ici.»