JACQUES.

Elle a raison, Jeanne. Je vais l'imiter; ce bon Julien, que je suis content de le revoir! (Il lui serre la main.)

PAUL.

L'autre main à moi. Là! il n'y a pas de jaloux, comme ça.

FRANÇOISE.

Irène, Julien, embrassez-moi aussi, n'est-ce pas?

Les petits de Morville, les larmes aux yeux, répondaient avec effusion aux affectueuses démonstrations des petits de Marsy, tandis qu'Élisabeth et Armand les contemplaient en souriant avec bonheur. Irène et Julien comparaient dans leur coeur cet accueil si chaleureux fait par des enfants qu'ils connaissaient à peine, et pour lesquels ils s'étaient montrés souvent hautains, dédaigneux presque grossiers, avec la réception que leur avaient fait subir leurs prétendus amis: ils voyaient clairement de quel côté étaient la bonté, la noblesse de sentiments, et ils sentirent que dans leur malheur le bon Dieu leur avait envoyé de vraies amitiés; ils apprirent alors qu'il faut juger les gens par la bonté de leurs coeurs et non par leurs dehors brillants.

Grâce aux petits de Kermadio et de Marsy, la journée s'acheva gaiement pour tous les enfants. Irène et Julien revinrent chez eux, ramenés par Anna, et se mirent avec courage et gaieté à leurs sérieuses études.