CHAPITRE XIX.
LES JOIES DE LA PAUVRETÉ.
Quand M. de Morville rentra, il vit dans son pauvre logis un spectacle si charmant qu'il s'arrêta, doucement ému, pour le contempler à loisir.
Irène, assise devant son piano, étudiait avec ardeur. Sa jolie figure, intelligente et attentive, était délicieuse d'expression. Julien, penché sur une aquarelle, souriait à demi de la difficulté vaincue, et Mme de Morville, assise près de ses deux enfants, avait interrompu sa couture pour les regarder avec un orgueil maternel.
Dans ce moment, Irène termina sa sonate par un trait brillant.
«Bravo, petite soeur! s'écria Julien enthousiasmé, tu es un pianiste de premier ordre, n'est-ce pas, chère maman?
--Oui vraiment, dit Mme de Morville, les progrès d'Irène me causent autant de surprise que de joie!
--On est si heureux de travailler pour ceux que l'on aime,» répondit la petite fille avec tendresse.
M. de Morville s'avança.
«Chers amis, dit-il, je commence à comprendre mon bonheur, moi aussi.