MADAME DE MORVILLE, pensive.
C'est vrai ce que tu dis là, cher Adolphe; cette vie futile et vide m'avait accaparée; comme toi je bénis le ciel de nous avoir rappelés à nos devoirs; quoi qu'il arrive désormais, je mènerai une vie sérieuse et utile, me consacrant à ton bonheur, à nos enfants et au soulagement de ceux qui souffrent.
IRÈNE.
Oh! papa, comme vous avez raison! que c'est vrai, ce que vous venez de dire! je comprends maintenant que cette épreuve est une vraie grâce, elle nous a été envoyée pour notre plus grand bien!...
JULIEN.
Et pour notre bonheur, Irène! je n'ai jamais aimé notre bel hôtel comme j'aime maintenant notre petit logis, pourtant si pauvre. C'est qu'ici l'on comprend et l'on remplit son devoir, c'est une joie pure qui m'était inconnue autrefois.»
M. et Mme de Morville écoutaient leurs enfants avec émotion; ils se regardaient avec un sourire sur les lèvres, et des larmes dans les yeux.
IRÈNE.
Ne faisons pas pleurer papa et maman, Julien; regarde, ils sont très-émus! vite, papa, souriez-moi (elle l'embrasse); à votre tour, chère maman: là, c'est très-bien.
JULIEN.