tante de Marsy désirent: d'abord, que vous ayez la bonté de laisser Irène et Julien donner à Jeanne et à Jacques des leçons de piano et de dessin, deux fois par semaine; ils viendront ici à l'heure que vous jugerez la plus commode; leurs prix seraient les nôtres.

MADAME DE MORVILLE, émue.

Cher enfant....

ARMAND, précipitamment.

Je n'ai pas fini! mon oncle et ma tante donnent une petite soirée jeudi prochain: ils désirent que M. de Morville et vous, madame, vous ameniez Irène et Julien, parce qu'Irène jouerait du piano, et cela lui procurera quelques élèves, car il y aura deux ou trois amies de maman et de ma tante, qui sont décidées à envoyer leurs filles à Irène, dès qu'elles l'auront entendue. Et puis, Julien, lui, aura la bonté d'apporter sa collection d'aquarelles, parce qu'il y aura jeudi quelques amateurs qui lui en prendront avec grand plaisir, à de très-bonnes conditions. Voilà.»

Et Armand, rouge de joie, se frotta les mains avec violence, ce qui indiquait toujours chez lui un ravissement complet.

Mme de Morville avait posé son ouvrage: quand Armand cessa de parler, elle l'attira vers elle, ainsi qu'Élisabeth, et les embrassa en silence tandis que quelques grosses larmes tombaient de ses yeux sur leurs joues roses. Irène et Julien n'étaient pas moins émus que leur mère! Ce dévouement délicat, cette façon charmante de rendre service leur allait droit au coeur: eux aussi embrassèrent leurs excellents amis avec une tendresse pleine de reconnaissance.

Quand elle fut un peu remise, Mme de Morville essaya de parler.

ARMAND.

Oh! chère madame, dites seulement oui, je vous en prie! nous sommes si heureux déjà, que si vous nous dites quelque chose, cela nous fera éclater.